vendredi 17 juin 2011

Disaster Island: Parole de Japonais sur son ile



Ces mots que je vous fait partager sont ceux d'un des responsables de mon organisation, Il a travaille au ministere de la construction et des infrastructures puis au bureau des rivieres pendant trente ans sur la prevention des risques, c'est un specialiste reconnu, aujourd'hui, dans ce texte il parle juste comme un japonais face au drame que traverse son ile... C'est touchant et révélateur du caractere de ces insulaires(texte en anglais)

A Helpless Feeling
By Secretary General, Kotaro Takemura












In the 21st century, residents of the evacuation zone around Fukushima Daiichi Nuclear Power Station have been forced to leave their homes. They live in temporary accommodations in unknown areas with no end in sight. I sympathize with them in their predicament, imagining how helpless and downhearted they feel.



lundi 23 mai 2011

Power down for hungry electric town

Apres le grand Higashi Nihon Dai-Shinsai (le grand tremblement de terre de l’est japonais) et la crise nucléaire loin d’être encore terminée. Les Tokyoïtes se retrouvent devant le fait qu'une des principales source d’électricité de la région de Tokyo (Kanto) est arrêtée. L’été arrive avec son pic de consommation (Tokyo a consomme jusqu a 60 million kW l'ete dernier) et la ville n’est aujourd’hui pas capable de faire face a la demande.
Comment Tokyo gère son appétit électrique?
Tokyo subvient à ses besoins en électricité de deux principaux réseaux. Les centrales a énergies fossiles autour de la baie de Tokyo qui servent principalement pour les pics de consommation puis l’énergie nucléaire provenant des centrales de Fukushima et de Niigata.
En complément il y a des barrages en amont de la plaine du Kanto qui malgré leur faible production aident a palier aux pics de consommation.
TEPCO, l’operateur électrique pour le Kanto achète de l’électricité à d’autres compagnies des régions voisines utilisant des sources similaires.
Aujourd’hui le schéma de capacité est le suivant :
• Hydro: 160 / 8.521 million kW
• Thermal (oil, coal, LN(P)G, geothermal): 26 / 36.995 million kW
• Nuclear: 3 / 17.308 million kW
• Wind: 1 / 0.001 million kW
• Total: 190 / 62.825 million kW

• Aujourd’hui: 40 million kW

Aujourd’hui, le Japon se retrouve avec la capacité maximale de 40 millions kW, il n’est pas souhaitable d’arriver à saturation de ces capacités car les sources thermiques seraient alors utilisées a plein régime en été ce qui pose un problème sanitaire de qualité de l’air.
Depuis le 11 mars, un incident majeur classé dans la même catégorie que celui de Tchernobyl est subvenu à la centrale de Fukushima a 270 km de Tokyo, la principale source d’électricité de la Ville. Les dégâts occasionnes a cette installation sont majeurs et la centrale ne produira plus jamais d’électricité. Cette crise majeure et dramatique qui a entrainé des contaminations graves et une catastrophe écologique significative dans cette partie du japon prive Tokyo d’une source importante d’électricité à l’approche de la période estivale la plus importante en matière de consommation électrique.

L’été à Tokyo est très chaud, il est aussi très humide. Les moyennes sont supérieures a 30 degrés en journée et 25 degrés la nuit. En plus d’être une des villes les plus peuplées du monde, 12 millions en centre ville et environ 35 millions dans la grande agglomération. La consommation de ses habitants est énorme.
Publicités dynamiques affichages flash, la culture japonaise est « Kawaii », elle est colorée, illuminée mais très énergivore Les écrans géants dans les rues et les panneaux lumineux…
Tokyo compte une dizaine de quartiers que l’on pourrait comparer a des petits Times Square a New York, certains d’entre eux (Shibuya, Shinjuku) n’ont rien a envier au quartier New Yorkais. Tout est éclairé, et offre un panache aux yeux impressionnant mais ce luxe est tellement gourmand en électricité et aux antipodes de l’écologie.
La climatisation et le chauffage a fond été comme hiver.
La ville de Tokyo a des bâtiments et maisons très mal isoles thermiquement. Si le japon est a la pointe dans beaucoup de domaines, le japon a probablement dix ans de retard en ce qui concerne l’isolation des bâtiments sur des pays de même niveau de développement. Les professionnels étrangers du secteur n’arrivent pas a s’imposer et disent se heurter a une barrière culturelle. La construction nipponne a ses règles d’or et isoler les bâtiments n’a jamais été une priorité. Dans le domaine de l’écologie, le japon fait beaucoup d’efforts et investit beaucoup dans des technologies parfois très couteuses mais l’isolation d bâtiments (double vitrage, isolant des murs et des toits) relativement peu onéreuses et génératrice d’économies d’échelle énormes dans le bâti n’est que très peu prise en compte.
Ces dernières années ont vu une prise de conscience dans le domaine mais pour trouver des bâtiments isoles a Tokyo il faut plutôt aller voir certaines ambassades étrangères ou visiter des bâtiments dans des démonstrations ou encore visiter des expositions sur le thème de l’écologie.
La construction des bâtiments ne prends en compte que très rarement de profiter de la lumière du jour ou d’avoir les fenetres au sud et les murs au nord

Des gadgets et des loisirs électriques
Toilettes a siège chauffant et chasse d’eau actionnée par bouton électrique.
Boutons électriques pour appeler les serveurs au restaurant machines a tableau d’affichage pour commander son plat a l’entrée des fast food
Golf indoor virtuel, débits de boisson partout, distributeurs de cigarettes, salles d’arcade

Des Business très énergivores

Tokyo est la capitale du japon, ce qui implique beaucoup de centres financiers et de compagnies « IT » avec énormément de serveurs qui consomment énormément. Dans le tertiaire, les serveurs informatiques représentent parfois jusqu'à 60% de la consommation d’électricité des firmes.

Comment mettre l’ogre électrique au régime?
Depuis le début du mois d’avril les gares de la ville montrent la consommation en direct.
Nous avoisinons les 70% de capacité en soirée et environ 82 a 86% en journée. Ces chiffres sont en augmentation depuis début Avril.
Le gouvernement a encourage de manière informelle les habitants a sauver l’energie comme ils le peuvent mais a ce jour aucun message officiel sur le sujet n’a été communique par le gouvernement ce qui alimente encore un peu plus les critiques sur ce gouvernement trop silencieux sur le nucléaire et puis maintenant sur ce sujet.
Il est murmure que pour faire face a la situation et éviter des coupures massives et imprévues cet ete il va falloir que la ville réduise son train de vie électrique de 25 a 30% par rapport aux autres années.
Comment arriver a cet objectif ? C’est la question qui se pose. En admettant que nous arrivions tous faire attention à nos gestes quotidiens avec les interrupteurs et la climatisation, ce qui nécessiterais une prise de conscience collective et massive nous n’arriverions certainement pas aux 25 a 30% nécessaires.
Il faudra donc se tourner vers les services et les industries pour que chaque entité diminue sa consommation.
Jamais une grande ville ne s’est pliée a un exercice aussi drastique surtout a une période ou ceci pourrait générer un manque de confort. En effet travailler dans des bureaux ou la température peut éteindre les 30 degrés sans climatisation en été ne sera pas du tout confortable.
La climatisation seule sera-t-elle suffisante ? Faudra t’il débrancher les serveurs aménager les horaires par quartier, choisir de se passer de certains services comme les distributeurs de boisson chaudes ou de cigarettes dans la rue.

La question de cet été reste encore un mystère dont la population ne préfère pas encore trop faire face.
Que sortira de cette crise engendrée par le nucléaire ? Espérons une prise de conscience avec des investissements dans les énergies renouvelables, l’isolation des bâtiments au japon, une consommation responsable.
Si Le Kanto passe cet été au frais cela voudra dire que le gouvernement et TEPCO auront fait l’exploit de remonter des centrales et agrandi leur capacités a faire face aux pics, mais nous devrons polluer bien plus car les seules solutions qui peuvent être mises en place très vite seront fossiles et donc encore plus polluantes ce qui en période d’été expose a des risques sanitaires lies a l’ozone
En tout cas espérons que la catastrophe de Fukushima ouvre les yeux sur le danger du nucléaire et la nécessité de se préparer au pire pour éviter qu’il n’arrive dans le futur.

mardi 29 mars 2011

Le jour ou la terre trembla sous nos pieds


Vendredi 11 mars 14h56, Tokyo.

Comme beaucoup de monde ce vendredi j'ai vécu mon premier fort tremblement de terre. Sur le coup personne n'a réalisé que 20 minutes après cette secousse violente une catastrophe naturelle d'une ampleur inimaginable se déroulait au nord du pays. Le Japon mettra des dizaines d'annees a se remettre de ce désastre.

Un si beau pays ou les gens sont si aimables... Tellement de gens se sont réveillés en se rendant compte qu'ils ont perdu famille, maison, travail, raison de vivre. Devant une telle violence on ne peut se sentir que tout petits et impuissants devant la force de la nature qui peut comme ce 11 mars être destructrice. Elle donne tout mais peut enlever tout tres brutalement. Il est vrai qu'on peut se demander pourquoi vivre dans des zones a risques comme celle ci mais lorsque c'est cet endroit qu'on appelle la maison depuis tout petit depuis des générations, on ne peut que comprendre les gens.

A Tokyo, la secousse a fait trembler les buildings, du 6e etage de mon immeuble dans un quartier dense d'affaire de Tokyo - Kayabacho, celui que les Tokyoites appellent "Tokyo's old business town". On a cru pendant un moment que les vibrations viendraient a bout des fondations des bâtiments mais plus de peur que de mal, la secousse qui a dure environ 2 minutes n'est pas venue a bout des bâtiments.

Au Moment du tremblement de terre, je dois avouer que c'était un peu la panique a bord, les neurones ont chauffé un bon coup car lorsque j'ai compris que c'était un tremblement de terre sérieux, j'ai repensé a la discussion que j'ai eu avec un de mes collègues la veille; Alertés par un prémisse du séisme 2 jours avant nous discutions lors d'une pause café lorsqu'elle me dit quelque chose qui ne m'a pas rassuré avec cet air détaché, pas vraiment blagueur et plutôt ferme assez japonais: "Si on se prend un gros [tremblement de terre], je pense qu'on va mourir, notre bâtiment a au moins 30 ans et n'a pas les dernières technologies anti sismiques" sur le moment ca m'a fait réfléchir et puis bon, c'est pas demain la veille que ca devrait arriver.

Le lendemain justement, la secousse arriva, elle commence très doucement pendant environ 5 secondes, un peu comme le mercredi puis elle s'intensifie jusqu'à faire valser les etagères. Les cris de mes collègues commencent a se faire entendre, repensant a la discussion de la veille je me précipite avec 4 de mes collègues vers les escaliers de service n'ayant pas envie si ;e pire arrivait de rester sous un bureau. Nous avons donc entrepris de descendre dans la rue (bonne ou mauvaise idee... on ne le saura probablement pas) dans cet escalier, un vacarme de tôle et de fer nous a fait sauter quelques marches, nous n'en avons pas manqué, ce qui est plutôt bien, arrive dans la rue, les bonds des fils électriques et le balancement bien visible des bâtiments ont marque mon esprit, le tremblement s'arrête quelques dizaines de secondes apres, la secousse est passée, mais la terre continue de trembler légèrement. Nous sommes remontés chercher nos collègues et pour prendre manteaux et bouteilles d'eau pour entreprendre le retour a pied chez nous par ce frais après midi de mars sans téléphone ou transport.

Tout le monde est rentré chez lui dans le calme. Je suis impressionné et félicite les japonais, les commerces sont restés ouverts et bien que la terre a continué a tremblé une bonne partie de l'âpres midi et de la soirée, les gens sont restés très dignes et calmes.

C'est alors que nous apercevons via la TV des téléphones portables qui fonctionnait encore qu'une vague énorme était en train de déferler sur la ville de Sendai a 350 km au nord, je ne me suis rendu compte que plus tard de l'ampleur des dégâts car nous avions du mal a distinguer sur ces petits écrans l'horreur de la scène. Nous sommes par la suite rentrés chez nous, certains ont eu la chance de trouver un taxi d'autres ont marché parfois toute la nuit pour rentrer.

Ce long trajet a pieds fut une scène visuelle don't je me rappellerais longtemps, une ville aussi grosse n'est pas faite pour que tout le monde soit dans la rue en même temps, une vraie fourmilière.

On se retrouve lundi au bureau... Et apres...

Le vendredi durant la nuit nous avons été réveillés par 2 répliques mais avons bien dormi tout de même. Le samedi matin, c'est une belle journée, nous constatons avec horreur l'étendue des dégâts et le nombre des victimes en augmentations dans la province de Tohoku. Puis dans l'âpres midi, un autre problème pointe le bout de son nez, le refroidissement de la centrale de Fukushima Dai Ichi n'est pus opérationnel suite au tsunami.

les images de la première explosion due a la décompression de sécurité autour des réacteurs est largement diffusée a la TV, l'image fait froid dans le dos, c'est quand meme une centrale nucleaire. Le soir meme, les pires scénarios viennent a l'esprit, les répliques continuant, les gens font des reserves d'eau, de nourriture et commencent a scotcher leur fenêtres et climatiseurs en prévision d'une éventuelle explosion plus grosse, la nuit tombe, les tokyoites font des provisions et les magasins de Tokyo se vident de leur provisions. Nous entendons alors parler des capsules d'iode a prendre en cas de contamination nucleaire. Puis a mesure que nous nous rendons compte des risques, les coups de fil aux proches se multiplient pour échanger les pensées. Mes collocs sont partages entre essayer d'ignorer ca en se disant que ca ne peut pas arriver et d'autres commencent a isoler leur chambre et remplir les baignoires d'eau.

Dimanche, apres une nouvelles nuit ponctuée de petites secousses, une deuxième explosion est filmée en direct a la TV, je me met alors en contact avec des spécialistes du nucléaire alors que les médias occidentaux commencent a titrer des premières pages et articles les plus alarmistes et vendeurs. Une annonce de l'agence météorologique japonaise annonce une probabilité de séisme de magnitude supérieure a 5 beaucoup plus proche de Tokyo a 70% pour les trois prochains jours et de 50% pour les jours suivants. L'ambassade française fait un communique assez alarmiste et invite ses ressortissants de la region du Kanto (la region de Tokyo) de quitter le Kanto si ils le peuvent.

Au vu du risque et de l'éventualité de devoir participer a une évacuation de masse des 35 millions d'habitants du grand Tokyo qui je le pense ne pourrait pas se passer dans de bonnes conditions, j'ai préféré quitter les lieux avant. Je suis donc parti le lundi matin direction Hong Kong 3 jours après le tremblement de terre comme beaucoup d'étrangers.

Lors de l'escale a Shanghai avec un suisse allant et un autre français ayant aussi fuit devant le danger probable que represente cette centrale, on partage les sentiments, on se sent mal de partir d'un pays qui nous accueille depuis des années alors que les japonais font face, certains collègues sont de retour au travail dans un climat de repliques et de coupures de courant. Certains vont dans le nord aider les victimes sans se préoccuper des radiations. On pense a ces 50 techniciens qui sont restes 15 jours seuls pour tenter de refroidir ces réacteurs malgré les explosions et le risque. L'autre Français était un touriste et venait de nouvelle zelande ou il a vécu le tremblement de terre de Christchurch et souhaitait s'éloigner de la Nouvelle-Zélande, ironie du sort! il partait en direction de Bangkok.

A Hong Kong, nous avons croisé pas mal d'autres personnes ayant fuit le Japon et Tokyo. Pas mal d'étrangers, les sentiments sont partagés, les matins sont rythmés par lune lecture anxieuse des nouvelles tantôt alarmistes des medias étrangers et plutôt informatives des medias japonais, la difference est flagrante.

Nous étions très anxieux en nous levant et en espérant ne pas entendre le pire. J'ai avancé la date de la formation que je devais faire a Hong Kong a la fin du mois dans le cadre du travail, ce qui aidait a se déculpabiliser.

Apres 1 semaine a Hong Kong et différents aléas personnels, il fallait passer a autre chose mais pas encore le japon, trop d'incertitudes... De l'exterieur, on réfléchis, trop peut être, et on prends encore plus de precautions, on se sent encore plus coupable du coup, j'ai alors appris que tous mes collègues japonais étaient de retour au travail pas dans les meilleures conditions mais de retour et la tete a fond dedans pour penser a autre chose. Direction France. Beaucoup d'étrangers ont suivi le meme chemin en s'éloignant d'abord puis en rentrant chez eux en attendant de meilleures nouvelles.

La famille et les amis qui encouragent au retour au pays, ne pas savoir a quelles sources se fier pour qualifier la réalité du danger nucleaire... étrange période de latence ou on tourne en rond, pas fier d'abandonner son pays hôte du moment mais la tete la bas en permanence en pensant a tous ces pauvres gens pour qui la vie a définitivement bascule et a ces nombreux autres qui ont vécu leur dernier jour ce vendredi 11 mars. D'un point de vue personnel, ces 2 semaines mettent en perspective le travail, l'apart, la vie que j'ai depuis 1 an qui sont au japon, vu qu'on a plus de vraie activité chez soi, et que l'on pense a ca en permanence, différents scénarios passent a travers l'esprit... en 15 jours on a remis en questions 100 fois le futur du

japon, nos futurs d'étrangers la bas, imaginé a quel point la vie peut y devenir compliquée ou bien au contraire elle peut ne pas être trop affectée dans le Kanto. les perspectives eventuelles de l'heure sont: coupures de courant plusieurs fois par jour durant l'été, précautions a prendre par rapport a la nourriture, ne pas aller se tremper dans le pacifique, se proteger de la pluie, possible inflation dans le futur, une potentielle bombea retardement a 250 km au nord de Tokyo, et tous ces pauvres gens qui ont de tels problèmes qu'ils ne pensent meme pas encore au danger lié a la centrale qu'il faudrait aider d'une maniere ou d'une autre.


Nombreux sont les étrangers qui sont revenus chez eux en abandonnant boulot et appart, le risque radioactif est traite différemment selon les personnes. Certains reviendront dans quelques semaines, d'autres quelques mois, d'autres ne reviendront pas. Contrairement a ce que certains medias étrangers ont pense, l'effet catastrophe nucleaire dans un pays qui a connu celles de Hiroshima et Nagazaki permet aux japonais de relativiser plus que de paniquer ou de se laisser abattre j'ai l'impression. Les japonais a l'instar de mes collègues de retour au travail se jettent dans le travail pour le bien du pays, pour améliorer les choses et penser a autre chose.

Vivre un évenement comme celui ci est perçu différemment par beaucoup, selon que l'on est reste la bas, que l'on est parti, que l'on puisse travailler a distance de l'étranger pendant la periode incertaine ou non, qu'on attends en tournant en rond. Evidemment le que l'on soit étranger ou japonais influe pour beaucoup la perception des choses...

Pour ma part j'attends encore quelques jours pour reprendre mon billet et je rentrerais a Tokyo en prenant mes precautions et en aidant au possible les personnes que je pourrais aider la bas.

Je me sens comme l'homme le plus chanceux du monde et relativiserais dorénavant beaucoup de problèmes....

mardi 21 décembre 2010

365 jours au japon…


A deux doigts de rester en France pour travailler l’année dernière, on peut dire que ce choix de voyager a entrainé beaucoup de changement au delà du simple voyage en lui même.

Ce voyage c’est beaucoup dessine autour des différents travails que j’ai trouve, ainsi en un an a Tokyo j’ai eu la chance de travailler a temps partiel dans 4 écoles, 1 entreprise, 2 ONG, 4 agences et une université en tout. J’ai bosse en tant que prof d’anglais, prof de français, model, tuteur, surveillant de cantine scolaire, animateur de centre aéré, accompagnateur de classes vertes, étudiant de nouveau puis stagiaire de ma future entreprise.

Toute cette diversité m’a fait vivre des moments et des rencontres qui valent plus que de l’or en barre et qui m’ont rendu profondément heureux.

Alors … Merci la crise qui pousse à aller voir ailleurs haha!

Je m’étais fixé pour cette année comme objectif de parler le japonais, voyager à travers le japon et trouver un boulot ou qu’il soit dans l’environnement.

Le bilan de cette année est très positif et même si j’ai lamentablement échoué dans mes objectifs de voyages et d’apprentissage (correct) du japonais j’ai trouvé un boulot dans une ONG environnementale à Tokyo, tout va donc très bien, je peux donc avoir plus de temps pour voyager (contrat japonais = 10j de vacances par an… haha (rire nerveux)) et perfectionner mon japonais plus que basique.

Apres un retour bien plaisant cet hiver en France, je plongerais donc dans ma nouvelle vie de « Salaryman » Tokyoite.

Bon… « salaryman » Tokyoite ca fait un peu peur surtout quand on voit ces boules de nerfs à des niveaux tantôt atrophiés tantôt déjantés dans les quartiers de la capitale mais bon, ne vous inquiétez pas, je suis peu sujet au stress et ma condition d’étranger fait que, le voulant ou non, je reçois comme tous les étrangers au japon une sorte de traitement de faveur permettant de laisser glisser sur moi la pression et le stress appliqué aux travailleurs japonais. Il faut comprendre ca comme une sorte de condition spéciale qui fait que certains des aspects négatifs de la vie japonaise ne s’appliquent pas ou peu à nous autres. C’est assez difficile a ex

pliquer, je pense que c’est très culturel, c’est un peu comme il est coutume de ne pas demander a un anglais de faire la cuisine, on les préfèrera pour d’autres qualités, on laisse donc aux étrangers un coussin plus large pour travailler en mettant peut être moins la pression sur eux que sur d’autres travailleurs japonais.

Cela vient peut être aussi du fait que nous ne travaillons pas de la même manière, mais c’est évidemment discutable. Ce traitement de faveur est aussi une assurance de ne jamais faire parti du club a 100% mais peut être un tout petit peu moins, en tout cas pas beaucoup moins car les japonais sont très respectueux. Aussi, il est relativement dur de s’intégrer dans les milieux purement japonais en tant qu’étranger, toutefois, comme il est évident qu’on laisserais volontiers un anglais cuisiner si ce dernier avait vraiment fait ses preuves (plusieurs fois devant un panel représentatif évidemment), si un gaikokujin (étranger) se met à montrer (sciemment ou non) qu’il aime/doit être sous pression pour bien travailler, il récoltera donc se précieux capital stress qui comble les « salarymen » modernes.

Autre facteur chance pour moi, je bosse pour une ONG environnementale, loin de certaines firmes over stressées de nos capitales. Loin des passes plats inutiles, ca change les choses de savoir pourquoi on bosse.

Autre nouveauté, je déménage, fini la banlieue de Nerima, maintenant j’emménage à Ebisu un bon p’tit quartier a Tokyo, l’année 2011 s’annonce bien.

J’annonce donc à tous ceux qui m’ont envoyé : « mince, je t’ai loupe au japon, je voulais trop venireeuuu » que vous avez 1 an et demi de plus pour venir me voir a Tokyo et visiter le Japon.

Ciaooo

mercredi 6 octobre 2010

Partager l'expérience


A défaut de prendre du temps pour conter les péripéties récentes de mon aventure Tokyoite qui vient de subir un rebondissement majeur impliquant un nouveau travail et une possible extension de séjour nippon (sujet que je développerais dans un prochain message), je décide aujourd'hui de vous faire partager l'expérience géniale (du moins je le pense) à laquelle j'ai eu l'honneur de pouvoir participer.

Pour mettre en contexte, je fais un certificat à l'université des nations unies a Tokyo sur les thèmes des changements climatiques et de la sécurité alimentaire et énergétique en Asie Pacifique, cette semaine, j'ai envie de vous partager notre petit travail d'introduction que voici parce qu'il traite de notre impact individuel sur la planète. J'espère que ça vous plaira (vous fera réfléchir la dessus, vous motivera peut être ?)



Assignment: For this assignment, You might want to describe where you are from, your background and interests. We also want you to measure your carbon footprint at the following website and share it with the class: http://www.carbonfootprint.com/calculator.aspx.

Hello,

I am french, a relatively young graduate in environment and sustainable development, field. I studied geography and communication in Montreal and went to Grad school at Sorbonne University in Paris.

I am currently just starting to work at the Japan water Forum here in Tokyo on water resources management issues and promoting good resources management practices in the Asia Pacific region.

I am interested in the field of policies related to climate change, mitigation and action through local projects which also why I join this CEFS class at UNU. I would like to thank UNU for that great organization.

Also, I try to involve myself in everything related to resources management, youth involvement and education on environmental issue.

My carbon footprint:

9.1 Tons
It looks like the average in Japan is around 11 Tons.

Far from taking it as a good point, I am just always amazed that today reducing our carbon footprint in a big way usually involves efforts and consciousness something that really not a lot of people do.

Why ? there are plenty of reasons, and in many cases they are not that bad

- I don't know how

- I don't have time to do it

- If I know how, it is surely complicated when it comes to really lower it. (finding a convenient place that involves efficient transportation, getting a

- The society around just advertises and promotes high carbon behaviors so I am not really tempted to step out of it. (in the same way that I got used to my heated and energy consuming toilet seat and taking it away from me now would make me sad)

- My residence doesn't allow me to choose the energy supply I would like (here, I think about inserting renewable sources)

- It even seems that a lot of the high level social classes (which is the class everyone aspires to access one day myself included) have a huge carbon appetite.

As a conclusion, under the tone of sarcasm I used, I just want to say that being eco friendly is complicated, and being non eco friendly is easier nowadays.

Reversing this paradigm represents a big challenge to help us lower our carbon footprint.

To counter balance this, everyone should make efforts even though sometimes it is a little harder, that's why education has to be working aside of those efforts to reverse this paradigm.



samedi 17 avril 2010

Tokyo Cocktail

L'aventure japonaise se poursuit, toujours à Tokyo, cette ville, un peu comme un aimant a une sorte de champ d'attraction étrange, on a bien envie de la quitter de temps en temps mais on a du mal à la laisser, en effet j'étais très proche de partir pour Osaka continuer l'aventure et puis finalement... je pense que j'envisagerais les autres destinations dans le cadre de vacances, et oui, je dois bien profiter du deuxième aspect de mon visa Travail et Vacances aussi !

En ce qui concerne l'analyse de la culture japonaise les turbines sont toujours en route et je pense bien qu'il est difficile d'en faire un portrait, mais je vais raconter dans ce billet quelques visions que j'ai de cette société hypra speed et moderne qu'est celle des Tokyoïtes.

ふくろ けこ です !! Fukuro Keko Desu !!

"pas de sac plastic !!" Ahhhhhh le packaging à la Japonaise, on est à la limite de l'indescence, et je dois dire que ce packaging plus qu'excessif ne choque pas que les écolos. Comme si ce que l'on consomme devait être parfaitement stérile au moment de le toucher, depuis quand cela a été comme ça dans nos sociétés. Je conçois évidemment les enjeux liés à l'hygiène de certains produits mais là on atteint une tout autre dimension !
C'est à croire qu'ils ont soit été traumatisé par les procès stupides américains sur des détails infimes ayant entrainé des conséquences ridicules et des millions de dollars de dédommagement ou bien, la logique de consommation à dérivé au point d'en arriver à des abbbérations de la sorte:

la dernière fois...
J'ai acheté un paquet de gâteaux au chocolat blanc, comme beaucoup de monde, je prend ce paquet pour le manger dans la journée ou la semaine, bref je ne garde pas ça jusqu'en 2057, et ben au Japon on peut ! il a fallu 10 000 ans de vie humaine sur la Terre pour en arriver là.
Alors j'ai mangé cette vingtaine de gâteaux (délicieux et réconfortants) que j'ai du sortir de leur emballage individuel, spectacle étrange, la somme des emballages à rempli la moitié de la surface de mon bureau ! j'avoue avoir eu un choc... quand même, as t'on besoin d'un emballage individuel dans un emballage comparable à celui des petits beurres français ? et ce n'est même le genre de gâteaux qu'une maman donne amoureusement à son enfant en gardant le paquet 6 mois, non non c'est la norme...ils sont presque tous comme ça !

La dernière fois...
J'ai acheté un Doghnut, délicieux lui aussi, je n'ai pas fait attention à l'emballage que la vendeuse m'a confectionné mais c'était choquant, j'ai pu constater que l'emballage de mon doughnut acheté en centre ville pour une consommation relativement immédiate (demander un 1 doghnut et non une boite implique une certaine idée d'une consommation plutôt rapide, enfin je pense). Et bien mon délicieux doghnut a été préparé de telle manière qu'il était prêt à résister aux chocs en tout genre, au contact du sol (jaurais pu le jeter il était blindé ! à l'épreuve d'un sac à dos remplis d'outils et à celle d'une tempête tropicale de catégorie 3 !
Ce doghnut était entouré d'un papier pour s'en saisir et ne pas s'en mettre plein les doigts, puis d'un sac en papier, lui même dans une boite cartonnée, ce dernier dans un sac plastic ! avec ça j'étais prêt pour traverser l'enfer mon doghnut à la main !
multipliez par les milliers de doghnut qui se vendent dans ce Kryspy Kreme ultra populaire de Tokyo et vous commencez à avoir une idée du gâchis !
Et là ce n'est que l'exemple des dognut, je vous assure qu'il y en a beaucoup comme ça ! C'est donc maintenant une lutte pour être attentif et dire dans un japonais parfait "Fukuro Keko Desu" avant que les doigts experts des vendeurs Tokyoïtes blindent vos produits !

La dernière fois...
J'ai acheté des chewing gums (je sais, ça choque les québécois, c'est un anglicisme, mais les français parlent comme ça !) j'ai remarqué sans surprise l'emballage individuel une fois de plus à l'intérieur de celui ci, bref "achetez 100 paquet de chewing gums et coupez un arbre", le slogan est tout trouvé.

Et lorsqu'on fait les courses, et ben c'est la même chose qu'en France sauf qu'il faut une fois arriver à la maison prendre le temps d'enlever les couches surperflues parfois nombreuses sur les produits avant de pouvoir enfin faire ce que nous aimons, consommer !
Point positif en revanche tout ce packaging est relativement bien recyclé, la collecte sélective est très bien organisée à Tokyo, mais ne serais ce pas plus simple de réduire à la source plutôt que de bruler et recycler des tonnes. By the way, les grandes tours que l'on voit dans chaque ville de Tokyo ne sont pas des observatoires mais des incinérateurs, si Paris en a 4, Tokyo en a une trentaine, ce qui fait tout de même un ratio plus important par habitants et autant de chances en plus de s'exposer à des risques de cancer.

Fire and Forget

Nous sommes mercredi soir, jeudi, vendredi ou samedi soir ! Les japonais bossent beaucoup, beaucoup, c'est pas une légende... il est très commun de voir beaucoup de offcie workers finir entre 9 heures et 11 heures du soir. Revenons à nos soirs de fête, les Salary man et woman sont des personnes sous pressions, en effet la hiérarchie bureaucratique japonaise peut etre dictatoriale (mots empruntés de mes étudiants), j'ai pu aussi lire des articles du Japan times relatant des interviews de travailleurs Tokyoïtes des entreprises traditionnelles, il était effrayant de lire dans les interviews et les nombreux commentaires le fait suivant: "Mon manager me donne un regard noir lorsque j'essaye de rentrer chez moi à une heure qui me permet de voir mes enfants avant leur sommeil" Il existe un vrai stress lié au travail dans ces entreprises très traditionnalistes bien connu des psychologues et des rails de train qui voient bien trop souvent des travailleurs exténués y sauter malheureusement.

Fire and forget, qu'est ce que c'est ? c'est la métaphore que j'ai trouvé pour décrire une journée de travail d'un salary man mal dans sa peau.
Il n'est pas inconnu dans les armées que les bombes lâchées par les pilotes de bombardiers et la vision des explosions a souvent été une épreuve traumatisante et laissant des séquelles pour de nombreux pilotes. La technologie moderne permet aux bombardiers modernes d'effectuer des tirs à des dizaines de kilomètres de l'objectif et ainsi les pilotes peuvent tirer, rentrer à la base et le succès et les dommages de leur tirs sont discutés au débriefing avec juste l'info nécessaire, pas avant. Fire and Forget !

Qu'est ce que cela a à voir avec une journée d'un Salary man ? c'est cette impression d'une ivresse collective visant à oublier sa journée de travail en se mettant dans des états incroyables d'ivresse et de débauche juste après le boulot et jusqu'au dernier train, l'impression bizarre qui s'en dégage est plus d'un comportement issu d'un fort besoin de relâcher la pression que d'une envie de faire la fête sainement, j'ai de fortes chances de me tromper mais cette idée est relativement imprimée dans les esprits des personnes tentant comme moi de comprendre les rouages de la relation au boulot des employés de ces sociétés super traditionnelles (pour voir la définition de société traditionnelle japonaise, veuillez lire Stupeur et tremblements de Amélie Nothomb) "Et on dit qu'il s'adressera à son supérieur avec stupeur et tremblement"

Alors une fois le boulot fini, on se lâche ! le spectacle est d'autant plus impressionnant que les asiatiques ont une résistance faible à l'alcool ce qui ne les empêche pas de boire jusqu'à....

jusqu'à s'endormir dans la rue ou dans le train
jusqu'a vomir dans les endroits les plus inimaginables, entrées des restaurants, escalators, passages piétons...

ces spectacles sont familiers à toute personne qui vit à Tokyo !!

A force de voir ces spectacles de personnes dormant dans la rue à même l'asphalte à proximité des immeubles de bureau, j'ai enfin compris pourquoi dans tous les magasins de proximité (conbini à la japonaise, convenient store à l'anglaise, dépanneur à la québécoise) on trouve de larges quantités de lingettes pour le visage, de gel, de peignes, de déodorants et aussi de cravates ! en effet, l'employé ayant fait des folies peut racontables ne veut pas laisser paraitre qu'il n'a pu se changer parce qu'il a passé la nuit sur un bout de trottoir il peut donc acheter facilement une nouvelle cravate, et hop, ni vu hummmm... ni connu.
http://www.youtube.com/watch?v=rYQ8W0qIneQ&feature=player_embedded














Girls Rock !!

J'ai découvert au japon des filles qui n'ont peur de rien, si les japonaises sont relativement timides de première approche, lorsqu'on en vient au sport ou aux arts (oh, vous croyiez que j'allais parler de quoi ?) elles envoient du lourd ! snowboard, futsal, sport de combat...les filles n'ont peur de rien, la population des snow park est assez féminine et elles ont pas peur d'envoyer des gros sauts et de tomber violemment, la claque ! si elles sont plutôt pas épaisses elles sont vraiment pas peur, je dis chapeau. les arts ne sont pas en reste, danse, dessin, peinture ! je pense que sous des apparences timides et réservées se sont comme le sont pas mal de japonais des personnes très passionnées !


Blablablablablablablabla


Le film Lost in Translation de Sophia Coppola l'a très bien montré dans la fameuse scène ou lorsque l'acteur parle au photographe avec une interprète. Dire une idée simple au japon peut être trèèès long. En effet, je dois dire que c'est assez hallucinant comment une idée simple entraine une tirade immense, j'ai eu "la chance de voir ça au boulot, c'est assez déconcertant et je dois dire que cela m'a preque fait perdre patience parfois, bon c'est vrai je suis peut être un peu impatient de toute façon. Je dois dire que j'ai l'impression que ce phénomène ne s'applique pas qu'à la langue elle même. Entre Gaijin, nous venons régulièrement à la conclusion qu'il y a comme une petite lumière rouge qui s'allume dans l'esprit des japonais lorsqu'ils nous parlent annonçant "compliqué" ALERTE "compliqué " ALERTE "compliqué"

Tout est immensément plus long la preuve en est que les discussions entre les étrangers japonophones et les japonais est bien plus sujet à devenir longue et compliquée qu'une même discussion entre japonais, et parait il cela ne vient pas de la langue, c'est un peu comme si il y avait un malaise ou des précautions à prendre.

L'explication qui m'a été faite par mes étudiants est la suivante: "nous japonais, nous ne sommes pas expressifs lorsque nous parlons (la fameuse "poker face") mais nous savons que nous devons essayer de l'être avec les étrangers, nous devons nous changer pour vous parler et essentiellement dans l'attitude qui entraine le langage qui entraine une conversation plus longue..." (à ce moment là j'étais assis, heureusement sinon j'aurais du m'assoir)

la preuve de cela en est les relations business, les entrepreneurs se cassent la tête quand ils voient que pour s'implanter au japon ou faire du business avec les japonais cela prend bien plus de temps qu'ailleurs, c'est sans doute une conséquence de cette fameuse lumière "compliqué" ALERTE "compliqué " ALERTE "compliqué". Ce sujet nécessite toutefois plus d'investigations, je vais m'y appliquer (ou m'y user ;)

Hanami parties

Bienvenu au printemps ! la célébration du printemps matérialisée par la floraison des cerisiers est tout simplement exceptionnelle, un spectacle de joie collective que l'on voit rarement ailleurs, les gens se retrouvent sous les cerisiers du matin jusqu'à tard dans la nuit pour fêter, danser les O hanami dances, jouer du Taico (tam tam japonais). Le spectacle est bluffant tellement beau, ces cerisiers en fleurs et cette ivresse collective en fait un moment inoubliable, je ne suis pas prêt d'oublier ces moments !











Une culture unique ! même pour le reste de l'Asie


Je n'ai jamais vu le reste de l'Asie, (enfin c'est pour bientôt, visiter la Thailande, Bali et le Vietnam sont des projets que j'espère concrétiser à court terme) mais je dois dire que beaucoup de gens pensent la même chose, la société japonaise est une société qui malgré l'influence américaine reçue depuis la fin de la seconde guerre mondiale est resté très centrée sur elle même. C'est un pays unique et fascinant, contrairement à beaucoup de pays ou il y a beaucoup d'immigrants, au Japon il y a des japonais ! et quelques étrangers surtout à Tokyo, c'est notamment pour ça que lorsqu'on sort de Tokyo on est souvent une attraction et les gens cherchent à savoir d'où nous venons etc...

C'est un pays qui a énormément d'idoles, la culture populaire laisse une place énorme aux idoles, groupes de musiques, sportifs, top models. C'est évidemment une tendance commune à beaucoup de pays occidentaux mais j'ai l'impression que cette nation vis pour supporter ses idoles plus que les autres !

J'ai un commentaire qui doit être mon commentaire le plus abouti sur le japon à ce jour . Un commentaire à faire sur cette relation idole, public ou plutôt sur toute une vision sociétale. En France, soyons clairs nous sommes en plein dans la période du quart d'heure de célébrité et presque tout le monde rêve d'exister par rapport aux autres en se démarquant d'une manière ou d'une autre. Célébrité, Argent, Réussite, Influence, Possessions, point de vue atypique, Intelligence...
Si ce n'est que mon point de vue, je suis sur que les étudiants en communication qui étudieront sur les années 90-20.. apprendront cette tendance.

Au japon, et c'est très important de comprendre ça pour comprendre tout ce que je dis qui peut paraître négatif ou étrange (dans le reste du blog).
J'ai l'impression qu'au Japon, on trouve une beauté particulière et self defining (excuse my french) dans le fait d'être parfaitement intégré à la société telle qu'elle existe, une beauté à être ce rouage même s'il est minuscule tant qu'il participe à la société. Et je pense que beaucoup des comportements peuvent être expliqués par ça.

C'est assez intéressant comme phénomène je trouve, et d'un certain point, c'est presque effrayant quand on se rend compte que très peu de personnes questionnent le système, si le sport national français à table est de parler politique, au japon... bon et bien c'est mieux de se divertir autrement. Une part importante des gens vit sans se poser de questions sur ou va la pays et ou en sont les réformes est ce que la manière dont nous consommons est durable, respecte t'on l'environnement et nos enfants pourront ils manger notre cher thon rouge, nos baleines et polluer autant ?
J'ai aussi remarqué que les gens connaissent en général très mal leur propre histoire nationale, apparemment l'école passe beaucoup de choses sous silence, beaucoup de personnes de 40 ans ont du mal à replacer la seconde guerre mondiale, et si l'histoire du XVIe siècle et des samurais est bien contée, le reste et l'évolution de la société est très mal connu.

Le japon sort d'une période ou les conservateurs sont au pouvoir depuis la fin de la guerre et depuis l'an dernier c'est le grand changement le gouvernement est maintenant dirigé par des libéraux bien plus gauchistes. le Japon vit une transition et pas une petite, une vrai rupture se prépare ! mais je laisse cela pour mon prochain billet.

En espérant que ces billets que je laisse de temps en temps vous font un peu voyager et vous donnent une vision du japon de mes yeux pas une trop mauvaise j'espère !

Please comment ! especially if you disagree !

dimanche 7 mars 2010

Ascenseur émotionnel...

Ascenseur émotionnel...
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Pour tout nouvel arrivant à Tokyo, l'excitation est énorme, la ville est hors norme, surréaliste parfois. Tout est différent, on se perd, on découvre, on rencontre, bref on ne s'ennuie pas !
Dans cette cadence infernale, ajoutez y chercher un appartement et un travail et le temps passe vraiment vite.
Ainsi après bientôt 3 mois dans la capitale nippone, j'ai l'impression d'avoir quitté Nice il y a quelques semaines seulement.

L'arrivée à Tokyo dans un contexte de crise économique réserve quelques surprises aux gaijin espérant trouver du travail très rapidement. En effet, si un étranger trilingue est une perle rare au japon, les bilingues ou anglophones cherchant de travail sont des milliers. Ce qui n'est d'ailleurs pas un problème habituellement dans une ville de 35 millions d'habitants mais qui complique les choses lorsque l'économie est mauvaise.

Comme beaucoup d'étrangers j'ai fait ma part (significative) et lassante et pénible de candidatures à des offres d'emplois auxquelles plus de 800 CV ont été envoyés (l'information chiffrée arrive évidemment une fois que le long processus de candidature est achevé après 1 heure ou plus sur un site en ligne diabolique et complexe) (soupir)...

La situation économique n'avantage évidemment pas les professeurs de langue (qui représentent 90% des étrangers à Tokyo) car, les cours sont la première chose que l'on fait sauter lorsque l'on a moins d'argent. En effet, à part pour les "salary man" travaillant dans des entreprises internationales de Shinjuku et Tokyo, parler anglais est plus un hobby sympa et ce n'est pas vraiment dérangeant surtout quand très peu de personnes le parlent. peut être 5% des gens.

2e facteur, la crise internationale à multiplié le nombre "d'expats" qui partent à l'aventure et arrivent à Tokyo pour enseigner.

J'ai donc eu le privilège de galérer comme tout le monde en ce moment pour trouver un job de prof, job si facile à trouver il y a 1 an ou 2 tellement la demande est importante en temps normal.

Si aujourd'hui, le plus dur est passé et je travaille dans plusieurs entreprises, la semaine ne se remplit pas toujours autant qu'on le souhaiterais.

En effet, comme presque tous les professeurs, on est un peu auto entrepreneurs, et nos sociétés nous fournissent du travail lorsqu'il y en a. Fidéliser ses clients est donc très important. (le secret: faire rire en cours et détendre les gens, se détendre en cours est presque plus important que d'apprendre, en effet après une journée d'esclavagisme au bureau, on veut apprendre en s'amusant. Hop hop ! pas si vite ! pas trop ! auquel cas vous passerez pour un occidental barbare et rude ! En effet si vous montrez un comportement trop expressif ou épanoui, vous risquez de frustrer la personne d'en face si elle est au contraire refermée et timide, vous ne la détendrez pas mais vous lui soulignerez juste sa timidité. Bref, être fun, informel et relax quitte à n'être efficace que 20 minutes en 1 heure est une nécessité pour satisfaire les clients. Le niveau d'expression des émotions japonais étant tellement faible que pour savoir quelle attitude adopter, c'est un peu comme essayer de rouler à la bonne vitesse sur des routes différentes, pleines de radars et sans indications de limitation...


Fermeture de la parenthèse , revenons au sujet de l'activité du prof débutant à Tokyo:
On se livre très rapidement à un véritable jeu pour atteindre la cagnotte d'environ 50 000 Yen par semaine pour être bien à la fin du mois. Si des semaines sont très bonnes d'autres le sont bien moins...
Ainsi je vis un peu au jour le jour, ce qui est bien marrant et permet la fabuleuse expérience de l'ascenseur émotionnel.

L'ascenseur émotionnel, c'est quoi ?

C'est mieux qu'à Disney, accrochez vos ceintures, les sensations sont vraiment transcendantes, souvent c'est un peu comme ça:

- Un moment on se voit avoir une bonne situation et se payer le luxe de partir en vacances régulièrement pour s'évader de Tokyo et partir à l'aventure du reste du Japon, on voit se rapprocher les voyages à Hokkaïdo, ou dans dans les iles tropicales du sud. Puis on rêve de partir pour Osaka, Kobe, Kyushu et Hiroshima. Mais ce n'est pas que ça ! on gagne quand même bien sa vie donc, quitte à être Asie on se prend à rêver de Bali, de la Chine, du Vietnam ou de la Thailande.
Si la semaine est vraiment bonne on pense même à économiser pour payer les taxes qui tomberont aussi certainement à la fin de l'année que les fleurs des cerisiers après leur floraison dans les prochains jours.

- L'autre moment est nettement plus saisissant !

Lors d'une semaine ou l'on gagne bien moins, on fait ses comptes qui s'annoncent désastreux pour la fin du mois et on se dit qu'on va arrêter les sushi délicieux et autres Izakaya suivis de soirées Karaoké, mais aussi les sorties endiablées ! on va plutôt privilégier pour quelques temps les fast food asiatiques, les repas maison et les films à l'appart! On se dit aussi qu'on va laisser passer des occasions et que c'est dommage même si ce n'est pas si grave parce qu'être ici c'est déjà bien.
Enfin, si on ne travaille que très peu pendant la semaine, on a parfois aucun mal à s'imaginer dans un avion rentrant en France dans un mois !

L'alternance de ces sentiments peut être très rapide, il m'est même arrivé parfois de faire le yoyo plusieurs fois dans une journée, c'est sympa mais un peu fatiguant.

Ce qui est marrant, c'est qu'il y a tellement d'étrangers qui vivent ça à Tokyo, ça donne des discussions très compatissantes entre expat qui doivent tous prendre la galère et ramer pour traverser la rivière avant d'atteindre les rivages flamboyants et superb.... ok j'arrête là. bref qui vivent la même chose ! Cela donne des répliques classiques comme:

A: "Tu pètes pas les plombs parfois"
B: "Grave ! moi des fois je me dit que je vais finir par déménager et habiter dans les cyber cafés et hotel capsules comme les geek japonais"

Ou alors

A: "T'es pas déprimé certains jours"
B: "Totalement, des fois j'ai l'impression que je vais jamais y Arriver"

Ou encore

A:" Parfois, j'en ai tellement marre et j'ai envie de me défouler et tout envoyer péter"
B:" Oh ! ouai moi aussi, je pense que je vais essayer de canaliser mes émotions1 "

1: Canaliser ses émotions à Tokyo: (action de) euphémisme notable, l'ordre et le calme régnant à Tokyo, les défouloirs d'usage sont différents ici:
-Appeler tout ses étudiants pour démarcher leurs amis
- Appeler famille et proches pour annoncer votre retour prochain et attendre les encouragements
- Aller à la salle de sport tous les jours pendant 1 semaine
- regarder des films pendant une journée entière pour faire un break
- Sortir de Tokyo et aller en randonnée ou au bord de mer (et dépenser malheureusement encore plus d'argent et oui à Tokyo lorsqu'on est pas chez soi, et qu'on travaille pas, c'est comme si on avait des trous dans les poches on dépense continuellement)
- Se mettre au Taï-chi (Lorsque cela ne marche pas après quelques années le pétage de cable n'est est que plus fort)
- Sombrer de sommeil dans une salle de karaoké après une nuit bien arrosée à chanter et/ou crier entre amis.
- Boxer jusqu'à l'épuisement dans les peluches géantes que l'on gagne dans les salles de jeu partout.
- Louer un bureau spécialement conçu et détruire le mobilier à volonté et avec tout les ustensiles présents dans la salle (on peut même demander à ces compagnies de créer un bureau qui ressemble au sien, cette activité est devenue très populaire dans le monde des entreprises de bureau)
- Aller dans les maid cafés (cafés ou l'on est servi par des jeunes filles payées pour dire des choses telle que: Vous êtes très fort, très beau, vous semblez ci serein, comment faites vous ?, je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi intelligent que vous! Après votre tasse de thé vous irez chanter une chanson au karaoké bien entouré, et immortaliserez le moment avec une photo avant de rentrer chez vous) ce loisir est le préféré des geeks et des personnes lasses, c'est bien évidemment exclusivement japonais, et je vois mal un occidental rentrer dans ce genre d'endroit, le spectacle est d'ailleurs assez navrant...
Ces deux dernières activités sont évidemment des loisirs typiquement japonais n'allez pas m'imaginer là ! même si je sais que vous l'avez peut être déjà fait !

Parenthèse refermée, voilà à quoi ressemble le début de l'aventure, juste après la période de l'arrivée et avant la période ou tout rentre dans l'ordre parce que finalement on est grand et qu'il faut se bouger le cul pour réussir quitte à traverser Tokyo pour aller voir l'étudiant qui habite hors de la ville et gagner 15 euros certains jours pour 3h de transport et 1h30 de cours.

Je tiens à vous annoncer avec plaisir que si je n'ai pas encore atteint la période prospère et suis encore un peu dans la période un peu précaire, période qui toutefois a son charme et ajoute du piquant à cette aventure japonaise. La situation va de mieux en mieux, je diversifie maintenant mes activités comme prof de français, hôte de conversation dans les English café, prof de TOEIC et de business English pour les salariés japonais, et j'ai même la chance de commencer à faire des "extra" de type figuration dans des films, passage à des jeux TV, et peut être bientôt acteur dans des séries qu'on appelle des Sagan5 (さがん)2 (je crois) qui sont des versions japonaises de drames étrangers (pour refaire l'histoire avec un background japonais)
2 Ces Sagan sont d'ailleurs parfois plutôt mauvais je dois dire. Il arrive sur des tournages que l'acteur japonais donne la réplique en japonais et l'acteur étranger la donne dans sa langue, ce qui n'est pas grave en soi parce que les voies sont masques et rééditées mais le jeu d'acteur est définitivement altéré !!


Voilà les nouvelles et le feeling du moment que je voulais partager, comme d'habitude n'hésitez pas à commenter sur le blog ou sur FB, vos commentaires me font souvent bien rire et me font plaisir. Pareillement pour ceux de mon grand père qui me rappèle bien amicalement que si il aime ce Blog, il serait bien mieux avec moins de fautes d'orthographe (surtout de la part de quelqu'un qui se dit prof de français ...haha)